jeudi 23 février 2017

Promenade à la côte belge




Ostende





D’abord le sable, non celui d’Afrique

Brûlant comme une terre de sang,



Non la plénitude de quelques négresses,

Mais le crac d’un chemin durement ensablé

En cette Belgique, au coin d’une mer,

Où trois lagunes de terre à six heures

Attendent fièrement leur coucher de soleil,



L’Astre rouge, grossi de l’ardeur

De tous ses feux d’hiver, crachant

En son disque d’éternité un éclat

De femme enceinte prête à accoucher,

Jamais au milieu de cet univers

Dansant des sambas sous des cieux d’or,

Bleuies en écrins nostalgiques,

Jamais la splendeur érotique

Ne se déchira de tant d’ardeur,

Joie en cette fin d’après-midi…



C’est la lune qui jouit, cette lune

En son petit croissant d’avortement

Ose à peine se montrer, elle gagnera

La partie dans un mois, le croissant

Si frais se devine à peine,

Il tait son nom, aujourd’hui, quidam

De dix rêves d’espérance, demain

Cette lune de perfection

Se rompra comme le soleil du jour,

C’est lui qui sera vaincu

En son impuissance de timide,

L’espace d’un instant fatal,

Elle, gagnante, lui, vaincu,

La lune se gorgera de lumière,

De force, de haine, elle accouchera

En sa couleur argentée, d’un excès

De volume par rapport à son poids...





Ostende a vu le gros triomphe

De son soleil d’hiver, plein aux as,

Inondant et les cieux et les eaux

Et l’univers combatif de la pêche

Et les gens en escapade flânant

Sur l’estacade des souvenirs,

Des peurs, des désirs fous...



Ostende a vu l’astre du jour

L’emporter haut la main,

Ostende a vu la craintive de nuit

S’effondrer de honte

Au détour d’un firmament gringalet...



Pourquoi tant parler du soleil

Et se taire à propos de la lune?

Pourquoi donner raison

Aux forces du riche,

Ayant honte de la faiblesse

Du pauvre, du trop petit?

Aurai-je envie tout à coup

De devenir celui que je ne suis pas?